In Vigneaux Veritas

Ce qui se passe quand Caroline Vigneaux débarque au Théâtre Fémina de Bordeaux.

Façade du Théâtre Fémina de Bordeaux avec l'affiche du spectacle In Vigneaux Veritas

Il y a des artistes qu’on aime parce qu’elles font rire. Et il y a Caroline Vigneaux, qu’on aime parce qu’elle fait rire et parce qu’elle dit des trucs vrais, importants, nécessaires — avec ce talent rare de ne jamais avoir l’air de faire un cours magistral.

Dimanche soir au Théâtre Fémina de Bordeaux, salle comble, rouge et dorée comme il se doit, on a vu In Vigneaux Veritas — son spectacle en tournée depuis deux ans. Deux ans. Salle pleine. Parce que certains spectacles ont la décence de vieillir comme le vin dont ils portent le nom.

Salle du Théâtre Fémina de Bordeaux avant le spectacle de Caroline Vigneaux

Ce qu’elle dit sur scène

Avocate de formation, humoriste de vocation, féministe de conviction. Dans In Vigneaux Veritas, Caroline Vigneaux balance ses vérités — et il y en a. La mort de son père. Le consentement. Le masculinisme. Et surtout, ce qu’elle n’avait jamais dit publiquement : victime d’un viol et de deux agressions sexuelles, elle n’avait jamais osé en parler. C’est #MeToo qui lui a permis de se libérer de cette culpabilité.

“Vous ne nous anéantirez pas” — c’est ce qu’elle dit aux agresseurs. Et elle le dit en riant, ce qui est à la fois plus courageux et plus dévastateur qu’un discours.

Elle se définit comme une “féministe optimiste” — pas le féminisme de la guerre des sexes, mais celui de la réconciliation. Elle aime les hommes, le dit, et ça n’enlève rien à la rigueur de son propos. Des femmes lui ont écrit pour lui dire qu’après avoir vu son spectacle, elles avaient enfin osé déposer plainte. Voilà ce que l’humour peut faire.


Le No Bra, les Molières et le t-shirt blanc

Aux Molières 2024, Caroline Vigneaux anime la cérémonie sans soutien-gorge. Un technicien homme porte le même t-shirt blanc. Personne ne dit rien pour lui. Elle prend le micro : “C’est mon choix ! J’aimerais vous demander, s’il vous plaît, de faire pareil avec toutes celles qui font ce choix.”

Trente secondes. Message reçu.


Et pendant ce temps, à Paris…

Pendant qu’elle tourne avec In Vigneaux Veritas, elle a quand même trouvé le temps de réaliser “Le Cid pète un câble” — son adaptation tragicomique du Cid de Corneille, actuellement au Théâtre des Mathurins à Paris jusqu’au 18 avril 2026. Deux ans de réécriture, quatre jeunes acteurs, des alexandrins conservés mais du rap, de la danse et de la vidéo en bonus. Pour que le théâtre classique arrête d’être une punition scolaire.

Pas contente de faire un seul truc à la fois, donc.


Et le cinéma dans tout ça ?

En 2021, elle a réalisé Flashback, son premier long métrage — une comédie de science-fiction féministe dans laquelle une avocate voyage dans le temps et croise George Sand, Marie Curie et Gisèle Halimi. Disponible sur Amazon Prime. Oui, elle écrit, réalise, joue et tourne en même temps. Certaines personnes sont comme ça.


Pourquoi on vous en parle

Parce que ça fait du bien de rire de choses qui d’habitude font plutôt pleurer. Parce que l’humour féministe et engagé, c’est une arme douce et redoutable. Et parce que deux ans de tournée, ça ne s’invente pas — ça se mérite.

Allez la voir. Vous nous remercierez.


La Matronne — les jeudis de 14h à 19h et les samedis à partir de 22h, au 12 rue François Verdier, Plaisance-du-Touch. 💜

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